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Vignette automobile : vers le retour d'une taxe allant jusqu'à 910 € sur les véhicules ?

Faut-il s’attendre au retour de la vignette automobile ? Un think tank propose en tout cas une redevance annuelle modulée, de 30 à 910 €.
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La vignette automobile va-t-elle faire bientôt son retour ? L’idée refait surface, mais sous une forme très différente de celle supprimée au début des années 2000. Un think tank propose en effet de créer une redevance annuelle sur les véhicules, dont le montant varierait selon le type de véhicule, ses caractéristiques, mais aussi la situation du détenteur.

Vignette automobile : vers le retour d’une taxe allant jusqu’à 910 € sur les véhicules ?



Pourquoi la vignette automobile revient dans le débat ?

Tout part d’un rapport de l’Institut mobilités et transitions (IMT) publié le 29 septembre 2026. Le document dresse un état des lieux de la fiscalité routière : en 2025, elle a rapporté 67,5 milliards d’euros au secteur public, soit 4,6 % de ses recettes totales. Cette part était de 5,6 % en 2019.

L’accise sur les produits pétroliers pèse à elle seule 27,7 milliards d’euros, soit 41 % du total. Or, plus les véhicules électriques remplacent les modèles essence et diesel, moins cette taxe rapporte. À fiscalité inchangée, l’IMT estime que la fiscalité routière ne représenterait plus que 3,4 % des recettes publiques en 2035.

Le manque à gagner, calculé par rapport à une contribution restée stable depuis 2025, atteindrait 8 milliards d’euros en 2030 et 22 milliards d’euros en 2035. Il ne s’explique pas uniquement par l’électrification : le rapport l’attribue pour moitié à d’autres facteurs, comme l’absence d’indexation des accises sur l’inflation.

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Une « redevance annuelle véhicule » : de quoi s’agit-il ?

Pour compenser cette érosion, l’IMT propose une taxe annuelle à la détention, qui concernerait tous les véhicules motorisés : voitures, utilitaires, poids lourds, bus, deux-roues. Elle serait calculée selon plusieurs critères :

  • le véhicule : motorisation, masse, émissions, âge ;
  • pour les modèles électriques : l’écoscore, le lieu de fabrication de la batterie, l’efficacité énergétique ;
  • le détenteur : revenu, lieu de résidence, nombre de véhicules possédés.

Cette redevance serait prélevée auprès du détenteur enregistré et pourrait être gérée de façon dématérialisée. Elle viendrait en remplacement de la taxe sur les véhicules de société et la taxe sur les véhicules lourds de transport de marchandises. Selon l’IMT, elle ne devrait pas alourdir la charge fiscale globale : l’objectif est de maintenir la contribution de la fiscalité routière au niveau de 2025.

Quels montants pour cette nouvelle vignette automobile ?

Le rapport évalue le rendement nécessaire à environ 9 milliards d’euros par an en 2030, puis 17 milliards en 2035. Les montants moyens pourraient être les suivants :

Les montants moyens de la vignette automobile
CatégorieMontant moyen en 2030Montant moyen en 2035
Voiture détenue par un particulier140 €
260 €
Voiture détenue par une entreprise320 €
510 €
Véhicule utilitaire léger420 €
760 €
Poids lourd560 €
1 020 €
Bus ou car270 €
470 €
Deux, trois roues ou quadricycle70 €
120 €

Attention, il s’agit de moyennes, car les tarifs pourraient dépendre de plusieurs critères comme la motorisation du véhicule, du nombre de véhicules détenus par le foyer, des revenus ou encore du territoire. Le rapport présente ainsi 4 cas-types :

  • 30 € : ménage très modeste, en zone rurale ou périurbaine, avec un seul véhicule électrique léger, assemblé dans l’UE avec une batterie européenne ;
  • 40 € : même profil, avec un véhicule électrique dont la batterie n’est pas fabriquée dans l’UE ;
  • 70 € : même profil de ménage, avec un véhicule thermique ancien de masse moyenne ;
  • 910 € : ménage parmi les 20 % les plus aisés, en centre-ville, possédant plusieurs véhicules dont un thermique lourd et ancien.



Ce qui la distingue de l’ancienne vignette automobile

Créée en 1956, la vignette automobile devait servir à financer le Fonds national de solidarité destiné aux personnes âgées. Les automobilistes devaient la coller sur leur pare-brise chaque année. Son tarif dépendait surtout de la puissance fiscale du véhicule et du département d’immatriculation. Elle a disparu au tournant en 2000 pour les particuliers, et en 2006 pour les professionnels.

L’IMT insiste sur les différences avec ce dispositif. La redevance serait modulée selon des critères environnementaux et sociaux, universelle, et ses recettes seraient affectées de manière identifiable. Le rapport anticipe d’ailleurs le risque que la mesure soit étiquetée « retour de la vignette », et recommande de privilégier le terme « redevance », qui renvoie à une contrepartie : l’accès au réseau routier.

Bon à savoir : à ce stade, il ne s’agit que d’une proposition. Le think tank l’avance à l’approche de l’élection présidentielle de 2027. Reste toutefois à voir si des candidats reprendront l’idée dans leur programme.

 

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Rédacteur
Olivier Calcagno
Expert & Rédacteur


D’un naturel curieux, aimant écrire et féru d’actualité, je me suis rapidement orienté vers la rédaction web. Après un détour par la PQR (presse quotidienne régionale), me voici désormais sur démarches administratives, avec toujours la même envie : celle de vous informer le mieux possible.