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Signaler un proche engagé dans un processus de radicalisation

Pour lutter contre la montée de la radicalisation, l’État français a mis en place un dispositif d'alerte à visée préventive. Il permet, en toute discrétion, de signaler un proche engagé dans un mouvement radicalisé.
Sommaire

Chaque année, des personnes en quête de sens succombent à la tentation d’adhérer aux mouvements radicalisés. Face à un quotidien difficile, des repères familiaux déstructurés et une institution éducative inadaptée, elles découvrent une pensée structurante qui leur promet valorisation et reconnaissance à travers un cheminement rigoureux.

Signaler un proche engagé dans un processus de radicalisation




Système d'alerte mis en place par l’État

Sous-estimée, cette dérive a pris de l’ampleur et conduit à des démonstrations terroristes que nous connaissons tous, mais aussi à la destruction de familles démunies.

Aujourd’hui, le problème de radicalisation dispose d’une politique spécifique traduite dans un plan national de prévention de la radicalisation (PNPR) qui compte 5 axes :

  • prévenir par l’information
  • renforcer la détection
  • comprendre la radicalisation
  • professionnaliser les intervenants
  • opérer le désengagement.

Dans le cadre de la détection, l’État a mis en place un système d’alerte qui permet à toute personne de signaler un proche en voie de radicalisation, dans la plus grande discrétion.

Une démarche salvatrice pour tous

Désormais, nous sommes tous acteurs dans la lutte contre la radicalisation. Nous disposons d’une opportunité de signaler une situation dangereuse qui met en péril l’individu concerné, son entourage et plus largement la société.

Quels sont les signes d’une radicalisation ?

La personne potentiellement radicalisée n’expose pas forcément sa nouvelle idéologie mais des signes comportementaux peuvent vous alerter. Elle prend globalement de la distance avec son ancienne vie, et se trouve déterminée à en construire une nouvelle dont vous ne faites pas forcément partie.

Les changements peuvent s’opérer à plusieurs niveaux : vestimentaire, alimentaire, radicalité des propos, tendances conspirationnistes ... Ils s’accompagnent aussi d’une pratique intensifiée et ritualisée de la religion qui tend à occuper la place des institutions républicaines. Vous constatez alors son isolement, une dévalorisation de ce qu’elle était et une rupture avec le cercle familial.

Quand signaler une potentielle radicalisation ?

Toute adhésion à une religion n’est pas signe de radicalisation. Des millions de personnes pratiquent avec ferveur et respect leur religion sans sombrer dans l’idéologie d’un monde binaire : adhérer ou mourir.

Toutefois, le signalement s’avère utile et citoyen lorsque des menaces pèsent sur :

  • la personne elle-même, en souffrance
  • l’entourage, menacé ou banni
  • la population, cible d’une entreprise terroriste.

La démarche consiste alors à prévenir un éventuel basculement de la pensée radicale vers l’acte extrémiste en sollicitant les instances de lutte contre la radicalisation.

Un dispositif d’alerte à visée préventive

L’État invite les citoyens à signaler tout individu soupçonné de radicalisation et de menace pour la sécurité nationale. Il met à leur disposition les moyens de signalement suivants :

  • le numéro vert gratuit 0800 005 696 pour des conseils ou un signalement
  • le formulaire Prévention et signalement des cas de radicalisation djihadiste.

Gratuits et anonymes, ils vous permettent d’être guidé dans votre démarche et facilitent la prévention des dérives religieuses et criminelles qui mettent la population en danger. Dès réception du signalement, les services de l’État mettent en œuvre un dispositif de diagnostic et d’accompagnement de l’individu pour permettre son désengagement.

Les Cellules locales de Prévention de la Radicalisation et d’Accompagnement des Familles (CPRAF), assurent cette mission et activent les réseaux d’assistance en fonction des besoins de l’individu radicalisée et de sa famille.

A ce jour, plus de 6000 individus et 2 000 familles ont été accompagnés par ce dispositif.





Signalements particuliers

Départ d’un mineur

Dans le cas où vous craignez que votre enfant mineur ne quitte le territoire vers des zones géographiques radicalisées, vous pouvez demander une opposition à la sortie du territoire (OST) auprès de la préfecture ou, dans l’urgence, au commissariat ou à la gendarmerie la plus proche. Il ne peut alors plus sortir de France sans l'un des parents. Cette procédure n’est ouverte qu’aux personnes disposant de l’autorité parentale (non altérée par une délégation judiciaire).

Les documents requis pour une telle demande sont les suivants :

Contenus internet sensibles

Pour les contenus internet qui vous semblent faire l’apologie de la violence et de l’extrémisme, vous êtes invité à effectuer un signalement auprès de la Plateforme d'Harmonisation, d'Analyse, de Recoupement et d'Orientation des Signalements (PHAROS).

L’outil internet et les réseaux sociaux sont souvent pointés du doigt parce qu’ils facilitent la propagation des idées et touchent particulièrement les jeunes. La radicalisation trouve aussi un terrain fertile dans le désespoir, l’isolement social et la déscolarisation.