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Gel du montant des APL confirmé pour 2018

Pour les bénéficiaires d’une aide au logement, sachez qu’elle devrait perdre de sa valeur en raison du gel de son montant et de la hausse de l’indice des loyers à hauteur de 1,8 %. Explications.
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Le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard a confirmé le gel du montant des APL pour 2018 qui n’augmentera pas en octobre prochain. Manuel Domergue de la Fondation Abbé Pierre dénonce, lui, les manœuvres du gouvernement pour faire des économies aux dépens des plus démunis. Le point sur la situation.

Gel du montant des APL confirmé pour 2018



Seconde « dévalorisation » des aides au logement en 2 ans

Les premiers mois de mandat du président de la République avaient été marqués par une première baisse des aides sociales aux logements d’environ 5 euros qui avait déjà déclenché un tollé auprès des associations d’aide aux mal-logés.

Cette année, le gouvernement se défend de vouloir « baisser » le montant des APL. « Il ne s’agit pas d’une baisse (…), mais tout simplement d’une non-augmentation. Je veux bien qu’on ressorte tous les trois ou six mois la question des cinq euros d’APL sous une forme ou une autre, mais que l’on compare avec ce qui est essentiel » a déclaré Mr Mézard.

Annulation de la revalorisation automatique des APL

Fin 2017, lors du vote du budget 2018, une mesure a été votée qui annule la revalorisation automatique du montant des aides aux logements qui fluctuait en fonction de l’évolution moyenne des loyers calculée par l’INSEE.

Cet indice des loyers étant en hausse de 1,8 %, pour Manuel Domergue de la Fondation Abbé Pierre, cette augmentation, sans revalorisation des APL pour la compenser, aura pour conséquence une baisse de la valeur des aides pour de nombreux foyers précaires.

« Non-augmentation » ou « baisse » : comment interpréter cette mesure ?

Pour le directeur des Études à la fondation Abbé Pierre, « Le montant moyen d’une APL est de 231 €/mois. La réduire de 1,8 %, c’est donc la réduire de… 4,2 € par mois. Et ça passe sans le moindre souci, juste parce que c’est beaucoup moins simple à comprendre qu’une coupe de 5 €. CQFD » a-t-il tweeté.

Ce calcul déclenche la colère des associations et donne du grain à moudre à l’opposition. Et Manuel Domergue d’ajouter dans un autre tweet : « A vrai dire, ce n’est pas exactement pareil que la coupe de 5 €, c’est pire. Car, comme c’est en pourcentage de l’APL, ça touchera plus ceux qui ont beaucoup d’APL (c’est-à-dire les très pauvres et les familles nombreuses). Bonne soirée ! »

Pour Jacques Mézard en revanche, « Il n’y a absolument rien de caché ». « Toutes les décisions […] ont été votées en toute transparence ».

Le ministre de la Cohésion des territoires a toutefois repris à son compte la formule du Premier ministre Édouard Philippe qui, l’été dernier, avait qualifié la première baisse de 5 euros de « coup de rabot », en déclarant mardi : « Des coups de rabot, je ne connais pas un gouvernement qui n’en a pas mis en place ». « On fera en sorte de ne plus en avoir à partir de 2019. »