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La loi alimentation va-t-elle provoquer une forte hausse du prix des produits ?

Le projet de loi alimentation du ministre de l’Agriculture permettra sans doute d’améliorer le revenu des agriculteurs, mais cela se fera-t-il au détriment du consommateur ? Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture rassure l’opinion publique en assurant que non.

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, interrogé sur France Inter le 20 mai 2018 a réfuté le fait que le nouveau projet de loi alimentation entraînera une hausse des prix significative. Pourquoi l’opinion publique est-elle inquiète ? Que répond le ministre ? Le point dans cet article.

La loi alimentation va-t-elle provoquer une forte hausse du prix des produits ?



« Améliorer l’équilibre des relations commerciales entre les secteurs agricole et alimentaire »

Le projet de loi que le ministre de l’Agriculture va présenter à l’Assemblée nationale mardi 22 mai a notamment pour but d’améliorer les relations commerciales entre secteurs agricole et alimentaire. Comme il est expliqué sur le site du ministère de l’Agriculture, pour se faire, certaines mesures sont prévues : les articles 1 à 3 sont censés « assurer une meilleure répartition de la valeur créée entre les acteurs » « en inversant le processus de construction du prix ». Celui-ci sera basé sur les couts de production et non plus fixé par les distributeurs.

En outre, l’article 9 permettra au gouvernement de mieux encadrer les promotions : fini le 1 acheté un gratuit, et le seuil de revente à perte sera relevé à hauteur de 10 %.

L’article 10 est prévu pour mettre un terme à la « guerre des prix » pour garantir un revenu décent aux agriculteurs.

Les consommateurs s’inquiètent d’une hausse des prix

Moins de promotions, des rapports plus équitables entre producteurs et distributeurs... Tout cela est louable, mais les Français s’inquiètent que leur porte-monnaie soit la victime de ces rapports plus justes, doutant que les industriels acceptent une baisse de leurs marges sans essayer de la répercuter sur le prix final des produits.

« Ce que j’entends, c’est que « les prix vont gonfler », que « l’inflation va être énorme », et ça, ce n’est pas vrai », a insisté le ministre lors de l’émission Questions politiques sur France Inter.

Les acheteurs seraient prêts à payer un peu plus

Le ministre estime par ailleurs que le consommateur est « prêt à payer quelques centimes de plus » lorsqu’il fait ses courses, « dès lors où il sait que le produit qu’il va acheter va mieux rémunérer les agriculteurs, quand il sait que le produit qu’il va consommer va lui permettre de vivre mieux, dès lors où il sait que le produit qu’il va acheter va rémunérer l’économie de son territoire ».

Le projet de loi a pour but de « redonner du revenu aux agriculteurs et faire en sorte que nos concitoyens puissent avoir une alimentation plus sûre, plus saine, et accessible à tous », a expliqué Stéphane Travert, de « faire en sorte que la répartition de la valeur se fasse correctement entre les agriculteurs, les industries agroalimentaires, et les distributeurs qui doivent aussi gagner leur vie bien évidemment ».

C’est en septembre 2018 au plus tard que le texte devrait être voté et donc peser sur les négociations commerciales 2018-2019. On pourra donc évaluer l’impact de cette loi sur la hausse des prix pour le consommateur en début d’année prochaine.