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Location longue durée d'électroménager : Des offres « ruineuses » selon l'UFC Que Choisir

L’UFC Que Choisir dénonce les offres de LLD (Location longue durée) d’électroménager des grandes enseignes qui sont, selon l’association de consommateur, des « offres ruineuses » pour le consommateur. Le point dans cet article.
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La location longue durée d'un bien électroménager permet au consommateur de profiter d’un produit sans avoir à l’acheter, moyennant un petit loyer mensuel. Ces offres, qui séduisent le plus souvent les ménages les plus modestes, sont « pire que le crédit revolving » selon l’association de consommateur UFC Que Choisir qui a mené l’enquête. Explications.

Location longue durée d'électroménager : Des offres « ruineuses » selon l'UFC Que Choisir


Les offres de LLD d’électroménager se multiplient en France

De plus en plus de grandes enseignes proposent de la LLD pour les produits électroménagers. L’avantage apparent de ces offres, c’est que le consommateur n’a pas à acheter le produit. Il s’engage seulement à le louer en échange d’une petite mensualité sur une durée allant de 12 à 48 mois. Il ne s’agit pas d’une location-vente. En fin de contrat, le produit doit être restitué au vendeur.

Depuis 2008, les offres en LLD ont bondi de 257 %, et pour cause, elles sont extrêmement lucratives pour les vendeurs.

Des offres faussement alléchantes

Mais ces offres sont-elles avantageuses pour le consommateur ? Selon l’UFC Que Choisir, malgré leurs avantages apparents (faible coût, réparations 7 jours sur 7...), elles seraient en réalité un « gouffre économique » pour les consommateurs. L’association a étudié 110 offres de LLD proposées par de grandes enseignes et constate que la location d’un produit coûte en moyenne 3 à 4 fois plus cher au client que d’acheter le produit neuf. Finalement, le coût total de la LLD est souvent bien plus élevé que celui du crédit revolving !

L’association donne l’exemple d’une offre de micro-onde en LLD chez Boulanger : « Sous le voile d’un loyer attractif (14 euros) et d’un service après-vente “express” », le coût total de la LLD est « de 731 euros sur quatre ans (contre 316 euros à l’achat), son taux d’intérêt implicite atteint 76 %, soit plus de trois fois le taux d’usure ! Louer revient ainsi plus de deux fois plus cher qu’acheter immédiatement (+ 130 %) ! », pour ne jamais en être propriétaire !

L’UFC Que Choisir dénonce aussi des clauses qu’elle considère comme abusives dans les contrats de LLD : « les contrats proposés par Fnac-Darty, Boulanger location, Cdiscount, recèlent de nombreuses clauses venant minimiser les obligations des professionnels ou imposant des obligations démesurées au détriment des consommateurs ». « Si le bien est restitué en mauvais état, le client pourra se voir facturer une kyrielle de frais supplémentaires (réparation, remplacement à neuf) le plus souvent à partir de la seule appréciation du bailleur ! »

La location longue durée n’est pas encadrée juridiquement

« À la différence du crédit, le distributeur n’est tenu ni d’indiquer son coût total ni d’exprimer son prix en taux, ni d’avertir sur le risque d’un endettement excessif ! », s’insurge l’association de consommateurs.

Les enseignes ne sont pas tenues de s’informer de la situation financière de leurs clients. Ces offres sont donc particulièrement attractives auprès des personnes qui sont surendettées et/ou qui ne peuvent pas contracter de crédits. Elle fait également observer que ce sont souvent les offres proposant les plus petites mensualités qui reviennent le plus cher.

Pour toutes ces raisons, l’UFC Que Choisir a mis en demeure les enseignes « Boulanger location ainsi que les partenaires financiers bailleurs de Fnac-Darty (Crédit Agricole Consumer Finance) et Cdiscount (Crédit Mutuel Leasing) ». Elle leur demande de retirer de leurs contrats de LLD certaines clauses qu’elle estime « abusives », sans quoi elle menace d’intenter des actions en justice.

Elle incite également les pouvoirs publics à imposer un cadre pour les offres de LLD en définissant des « limites tarifaires sur le coût total de la location et sur les frais de résiliation ». Puis, elle réclame aussi l’obligation pour les enseignes d’informer plus clairement les consommateurs en leur communiquant le montant total des loyers en comparaison avec le prix d’achat au comptant du bien et de leur préciser la nature et le montant d’éventuels frais supplémentaires lors du retour du produit ou de la résiliation du contrat.