Obsolescence programmée : un indice durée de vie à l'étude pour plus de transparence sur la qualité des produits
La pollution engendrée par la surconsommation de produits électroménagers et électroniques est énorme et pourrait être évitée. Pour ce faire, plusieurs pistes sont explorées par le gouvernement. L’une d’entre elles est la création d’une étiquette à apposer sur les produits neufs indiquant leur « indice de durée de vie ».
60 % des consommateurs n’essaient jamais de réparer un produit qui tombe en panne
Lorsqu’un produit électroménager ou high-tech tombe en panne, peu de personnes ont les compétences pour le réparer d’elles-mêmes. Le réflexe est d’appeler le service client et de faire intervenir un technicien si le produit est toujours sous garantie.
Au-delà de cette période de garantie, les réparations coutent en général très cher et les études montrent que la majorité des clients préfèreront acheter un produit neuf de remplacement plutôt que d’effectuer une réparation si celle-ci coute plus de 30 % du prix d’achat.
Les prises de conscience récentes à propos des effets de la pollution sur l’environnement et les difficultés économiques poussent les consommateurs à chercher des solutions plus éco-responsables et économiquement avantageuses.
Le gouvernement réfléchit à la mise en place d’un « indice de durée de vie »
Une mission de concertation a été lancée en octobre 2017 dont l’objectif est de trouver des solutions pour améliorer l’économie circulaire et mettre en place des mesures concernant la production de déchets, le recyclage des produits, la revalorisation de certains déchets ou donner une seconde vie à des produits, envisager des filières de réparation...
« Agir pour allonger la durée de vie des produits, c’est lutter contre une double aberration, écologique et économique », a déclaré la secrétaire d’État Brune Poirson lors d’un déplacement dans un atelier de recyclage à Poitiers.
Une des pistes explorées par le gouvernement consisterait à mettre en place une étiquette sur les produits neufs indiquant « l’indice de durée de vie » du produit, un peu sur le modèle de celles utilisées pour les performances énergétiques. Cet indice de durée de vie pourrait être une note de 1 à 10 prenant en compte la durabilité, la robustesse et la réparabilité.
L’État prévoit la mise en place progressive du dispositif, sur la base du volontariat des entreprises, pour le rendre obligatoire au 1er janvier 2020.
Les associations de consommateurs restent méfiantes
L’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP) voudrait que l’étiquette soit obligatoire bien avant 2020.
De plus, l’association doute de la bonne foi des industriels. En ce qui concerne l’étiquette énergie, des tests sont effectués en laboratoire par les fabricants. Or, leur fiabilité a récemment été mise en cause par une ONG européenne, le Bureau européen de l’environnement, qui a dénoncé en juin 2017 une consommation réelle plus importante des appareils électroménagers par rapport à celle indiquée sur les étiquettes.
« Comme pour les tests réalisés sur les voitures, où le modèle d’essai est spécialement conçu pour consommer le moins possible, les fabricants optimisent leurs appareils avant de les passer au banc d’essai », a précisé Benoît Hartmann, directeur général du CLER, une association faisant partie de l’ONG européenne.
Dans l’état actuel des choses, des contrôles sont effectués en magasin pour vérifier que l’étiquette est bien présente sur tous les produits, mais aucun contrôle de performance n’est réellement effectué, faute de moyens financiers suffisants.
Le gouvernement a prévu de publier sa feuille de route sur l’économie circulaire courant mars 2018.
