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Un « contrat de filière » signé entre l'État et 18 365 entreprises agroalimentaires

Afin de soutenir l’industrie agroalimentaire française, des accords réciproques ont été passés vendredi 16 novembre 2018 entre les entreprises qui produisent des denrées alimentaires et l’État. À quoi se sont-ils engagés en signant ce « contrat de filière » ? Dans quel but ?
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L’industrie agroalimentaire en France, même si elle représente 20 % du chiffre d’affaires des industries manufacturières, subit actuellement un recul en raison d’une part de la guerre des prix pratiqués par la grande distribution, mais aussi d’une « crise de confiance » des Français liée aux scandales récents sur la composition des produits. D’où l’idée de ce « contrat de filière » entre l’État et les entreprises qui met l’accent, entre autres, sur la traçabilité des produits et l’innovation. Le point sur les engagements qui ont été pris vendredi 16 novembre 2018.

Un « contrat de filière » signé entre l’État et 18 365 entreprises agroalimentaires


Un partenariat entre les entreprises de l’agroalimentaire et l’État

18 365 entreprises de l’agroalimentaire se sont engagées auprès de l’État à prendre une série d’« actions structurantes », à « répondre aux attentes des consommateurs », explique le président de l’ANIA (Association nationale des industries alimentaires) Richard Girardot, ancien PDG de Nestlé France.

Pour stimuler l’activité d’une industrie qui décline depuis quelque temps, les « actions stratégiques » vont notamment consister à créer des « cartes d’identité numériques » des aliments, à encourager la recherche dans le secteur des protéines d’origine non carnées ainsi que les processus de fermentation.

Faciliter le recrutement dans la filière agroalimentaire

En parallèle, des actions de formation vont être menées pour pallier les 17 000 emplois qui ne trouvent pas preneur chaque année. En effet, le recrutement est considéré « difficile » pour 34 % des emplois de la filière.

Un « parcours vers l’emploi » va être mis en place par un partenariat entre entreprises, coopératives agricoles — dont beaucoup font de la transformation de produit —, et l’organisme de formation professionnelle spécialisé Opcalim. Dans un premier temps, 2 bassins d’emploi vont être privilégiés dans les Hauts de France, avec l’objectif de déployer des mesures similaires par la suite en Bretagne, dans le Grand Est et en Auvergne-Rhône-Alpes.

Relancer l’exportation

Depuis ces 10 dernières années, la France importe beaucoup plus de denrées alimentaires de l’étranger tandis qu’en parallèle, la quantité de produits exportés dans la filière a grandement diminué.

Un programme dédié au développement des entreprises qui se déroulera sur 24 mois va bientôt voir le jour pour aider les PME qui représentent 98 % du secteur et il est aussi envisagé de regrouper sous une bannière commune « France » plusieurs entreprises pour notamment améliorer leur visibilité lors de salons à l’étranger.

Une autre forme d’accompagnement aura pour but l’amélioration de la performance environnementale des entreprises en luttant contre le gaspillage alimentaire, en optimisant les consommations d’énergie, en prenant des mesures concernant le bien-être animal, etc. Des normes concernant la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) vont également être établies.



Le projet Num-Alim et la création de « carte d’identité numérique des aliments »

Le projet Num-Alim a pour objectif la création d’une plateforme en ligne qui mutualiserait des informations sur les aliments, notamment les aliments transformés. D’ici 2 ans environ, les aliments possèderont des « cartes d’identité » qui seront accessibles en ligne pour répondre à la demande de traçabilité des consommateurs, mais qui pourraient aussi servir pour la recherche et l’industrie.

Encourager la recherche sur les protéines non carnées et les ferments

Alors que « diverses études prévoient plus de 8,4 milliards d’habitants sur la planète à l’horizon 2030 » et que dans l’état actuel des choses il serait probablement impossible de réussir à nourrir tout le monde, la France voudrait se positionner en « leader mondial des nouvelles sources protéiques », c’est-à-dire des protéines qui ne sont pas issues de la viande. Le dynamisme de la Foodtech française, des start-up spécialisées dans le secteur et l’appétit des Français pour les produits d’origine végétale poussent aussi l’État et les industriels à financer des projets de recherche sur divers aliments comme le blé, les oléagineux et les légumineuses, mais également sur les microalgues, les insectes, ou les protéines issues des biotechnologies pour remplacer la viande.

« Ferments du futur » est une nouvelle plateforme de recherche dont la création est prévue pour 2019. Elle a pour but de soutenir des projets et des entreprises dont l’activité tourne autour de la fermentation et des aliments fermentés. En effet, des études récentes montrent l’importance d’un microbiote intestinal sain pour être en bonne santé, et la consommation d’aliments fermentés permet de fournir au système digestif les « bonnes bactéries » dont il a besoin pour fonctionner de façon optimale.

Beaucoup de pays se sont déjà lancés dans la course aux ferments et ont déjà investi beaucoup d’argent pour développer des aliments et des compléments alimentaires pour leurs effets sur la santé comme le Danemark, les USA, le Japon, la Corée et la Chine ; l’industrie française, grande spécialiste du fromage, compte bien valoriser et développer son savoir-faire en la matière et devenir un acteur important du secteur.