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Quelle épargne pour les moins de 18 ans ?

Pour un enfant ou un adolescent, la tirelire n’est pas le seul moyen de mettre de l’argent de côté. En effet, l’épargne en banque n’est pas réservée qu’aux adultes. Mais quels sont les placements accessibles ?
Sommaire

Que vous souhaitiez apprendre à vos enfants à savoir épargner ou constituer en leur nom une réserve d’argent pour leur majorité, sachez qu’il existe de nombreuses solutions de placements. Tour d’horizon des systèmes d’épargne pour les moins de 18 ans, dont la plupart peuvent être souscrits dès la naissance de l’enfant.

Quelle épargne pour les moins de 18 ans ?



Les livrets

Livrets réglementés, le livret A et le livret jeune sont très prisés des Français, mais peu rémunérateurs. Les livrets bancaires traditionnels le sont davantage, mais méfiez-vous des frais dus à la fiscalisation.

Livret A

Le produit d’épargne le plus connu est sans conteste le livret A. Malgré son faible taux de rémunération, il est encore le livret préféré des Français. Il faut dire que les avantages restent nombreux :

  • placement non imposable ;
  • placement non taxé ;
  • aucune restriction à l’ouverture ;
  • une mise de fonds minime à l’ouverture ;
  • argent accessible à tout moment pour les parents et les enfants de plus de 16 ans, sur autorisation des parents pour les enfants de plus de 12 ans.

Ses deux principaux inconvénients sont :

  • son faible rendement : rappelons que le taux de rémunération est fixé par le gouvernement. En 2021, il est de 0,50 % ;
  • le plafond à 22 950 euros, hors intérêts.

Personne ne peut posséder plus d’un livret A.

Livret jeune

Une fois que votre enfant a atteint l’âge de 12 ans, vous pouvez lui ouvrir un livret jeune. Il pourra le conserver jusqu’à ses 25 ans. Une fois cette échéance dépassée, le livret sera probablement transformé en un livret d’épargne classique.

Les avantages ne sont pas négligeables :

  • un placement non imposable ;
  • un placement non taxé ;
  • un taux de rémunération plus important que celui du livret A (soit plus de 0,50 %), puisqu’il ne peut lui être inférieur. Les taux sont fixés librement par les banques ;
  • une mise de fonds minime à l’ouverture ;
  • l’accessibilité de l’argent suit les mêmes règles que pour le livret A.

Le livret jeune peut par ailleurs être cumulé avec le livret A. Les conditions d’ouverture sont simples :

  • être âgé de 12 à 25 ans ;
  • être accompagné de ses parents ou représentants légaux pour les enfants de moins de 18 ans ;
  • avoir son domicile principal en France.

Le livret jeune est un produit d’épargne principalement dédié au placement des premières économies de votre enfant, dans une logique plutôt pédagogique. Ne pouvant être ouvert avant les 12 ans du titulaire, il reste un système d’épargne moins pertinent pour placer de l’argent sur du long terme. Enfin, le plafond est de 1 600 euros, hors intérêts.

Chaque enfant ou adulte de moins de 25 ans ne peut posséder plus d’un livret jeune.

Autres livrets bancaires

Les établissements bancaires proposent de nombreux livrets pour les enfants de tous âges. Si les taux peuvent être parfois attractifs, ils sont également tout à fait susceptibles de fluctuer grandement et de descendre assez bas. Les intérêts sont par ailleurs soumis aux prélèvements sociaux et à l’impôt.

L’épargne pour le logement

Les PEL (plan épargne logement) et CEL (compte épargne logement) étaient des placements intéressants pour les jeunes lorsqu’ils étaient défiscalisés. Depuis le 1er janvier 2018, ces livrets sont désormais soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU).

Ils restent néanmoins des placements intéressants lorsque votre enfant a un projet immobilier précis et concret. Comparons les deux systèmes d’épargne :

  • conditions d’ouverture : il n’existe aucune restriction particulière, si ce n’est de ne pas posséder un autre CEL ou un autre PEL dans une autre banque. Si vous possédez déjà un PEL ou un CEL, vous devrez souscrire l’autre contrat dans la même banque ;
  • plafond : le compte épargne logement (CEL) est limité à 15 300 euros, tandis que le plan épargne logement peut permettre de placer jusqu’à 61 200 euros ;
  • disponibilité des fonds : en ce qui concerne le compte épargne logement, les fonds sont disponibles après 300 euros. Pour le PEL, les fonds sont accessibles à tout moment. Sachez toutefois que si vous effectuez des retraits sur votre plan épargne logement dans les deux premières années, le taux de rémunération baissera pour atteindre celui du CEL ;
  • taux de rémunération : 0,25 % par an + prêt à taux réduit pour le CEL, et 1 % par an + prêt à taux réduit pour le PEL.

L’assurance vie

L’assurance vie permet de placer des fonds avec ou sans capital garanti. Dans le premier cas, les fonds sont placés sur des fonds euros. Dans le second cas, ils le sont sur des unités de compte. Le placement est alors bien entendu plus risqué. Quel qu’il soit, le contrat doit être souscrit par les deux parents. L’enfant doit donner son accord s’il a plus de 12 ans.

Le principal avantage est le taux de rémunération, quoiqu’il soit terriblement en baisse depuis quelques années. Il n’existe par ailleurs aucun plafond. Enfin, l’accès à l’argent est restreint pour l’enfant, ce qui peut être perçu comme un atout. Les parents peuvent en effet décider de limiter la disponibilité de l’épargne jusqu’aux 25 ans de l’enfant.

Si l’assurance vie est le placement le plus rémunérateur, c’est aussi celui qui génère le plus de frais annexes, si l’on n’y prête pas attention. Il s’agit notamment des frais de dossier, des frais d’entrée, des frais de gestion, des frais d’arbitrage ou encore des frais de rachat.




L’achat d’un logement

Solution bien plus onéreuse, mais pour le moins rémunératrice, l’investissement locatif est un placement à ne pas négliger. Vous pouvez tout à fait acheter un appartement au nom de votre enfant et le mettre ensuite en location. Les revenus locatifs pourraient par ailleurs être placés sur une solution d’épargne dédiée, qui pourra elle aussi être au nom de l’enfant.

Sachez toutefois que dans ce cas, cette opération est assimilée à une donation qui doit être déclarée comme telle. Rappelons néanmoins que chaque parent peut effectuer une ou plusieurs donations par enfant dans une limite de 100 000 euros, par tranche de 15 ans.