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Un salarié qui a menti sur son CV peut-il être licencié ?

Mentir sur son parcours ou ses diplômes serait relativement répandu. Certains candidats s’inventent des diplômes ou des expériences professionnelles. Pourtant, ce genre de pratique peut justifier un licenciement. Explications.
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Dans l’hexagone, environ un tiers des CV présentent des informations inexactes comme des expériences dans des sociétés fantômes, des CDI inventés ou encore de titres universitaires usurpés. Le CV est un premier élément de sélection pour l’employeur avant un entretien. Selon l’article L. 1221-6 du Code du travail, pendant un entretien d’embauche, le candidat doit répondre de manière honnête aux questions du recruteur. Ces interrogations doivent avoir pour but de mesurer ses capacités à occuper l’emploi proposé. Les informations demandées doivent être en concordance directe avec le poste en jeu. En revanche, le candidat n’a pas l’obligation de répondre aux questions qui ne concernent pas le poste proposé. Qu’en est-il lorsque l’employeur s’aperçoit qu’un salarié a mentionné de fausses informations sur son CV ?

Un salarié qui a menti sur son CV peut-il être licencié ?


Si le mensonge constitue un élément crucial pour le recrutement, le licenciement se justifie

Mentir sur son CV n’est pas automatiquement une raison de licencier. Mais, si le mensonge a été une information cruciale dans le choix de recruter un candidat, l’employeur peut déclencher une procédure de licenciement.

Par exemple, si un candidat ment à de multiples occasions sur sa trajectoire professionnelle et cache la véracité de sa situation, la question se pose. Ces pratiques peuvent justifier un licenciement pour faute grave, car l’expérience professionnelle, inexacte, a été décisive dans le recrutement du salarié.

La justice a déjà condamné des candidats au CV mensonger

Dans un arrêt du 25 novembre 2015, la Cour de cassation avait validé le licenciement pour faute grave d’un directeur des ventes, car celui-ci avait menti dans son CV sur son expérience chez un concurrent. Cet élément avait été crucial dans son recrutement.

Autre exemple, en mars 2013, une femme qui s’était prétendue psychologue, sans en avoir le diplôme, a été condamnée à 2 ans de prison ferme par le tribunal de Brive. Elle était parvenue à tromper la Fondation Chirac qui l’avait embauchée. Le mensonge a été détecté grâce à son extrait de casier judiciaire. Par le passé, elle avait déjà fait l’objet d’une condamnation pour faux et escroqueries.

Certifier un CV sur le site de l’Assurance retraite

Aujourd’hui, pour les candidats, il est possible de présenter un CV authentifié grâce au site de l’Assurance retraite. Cette démarche simple et gratuite est un outil très utile pour les recruteurs. La certification du CV est possible grâce à la somme des données collectées par l’Assurance retraite.