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Le violentomètre mesure le degré de violence dans un couple

Maintes fois partagé sur les réseaux sociaux, le violentomètre aide à mesurer la violence au sein d’un couple. L’avez-vous testé ?
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Sur le modèle des feux de signalisation, trois couleurs indiquent le degré de violence palpable dans un couple. Grâce à cette échelle graduée, il est désormais possible de savoir à quel degré le partenaire est violent.

Le violentomètre mesure le degré de violence dans un couple


Au sein d’un couple, une femme meurt tous les trois jours

Le sujet est actuellement brûlant. En 2019, en France, 75 femmes sont mortes sous les coups de leur mari. Si les hommes sont également victimes de violences conjugales, les femmes restent majoritairement touchées.

En 2017, 130 féminicides ont été répertoriés. En 2018, ce triste constat est en légère baisse avec 121 femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon. 26 ont clairement été assassinées avec préméditation, 85 ont été les victimes de meurtres et 10 ont succombé aux violences volontaires entraînant la mort sans intention de la donner.

À l’inverse, en 2017, 21 hommes ont été tués par leur femme ou compagne et 28 pour l’année 2018. À noter que parmi ces hommes décédés, 15 avaient commis des violences antérieures sur leur partenaire, d’après l’étude nationale relative aux morts violentes au sein d’un couple.

Les victimes perdent foi en la justice. Souvent honteuses, lorsqu’elles osent sauter le pas et aller porter plainte, leur témoignage reste peu crédible. Parfois, celui-ci n’est même pas pris en compte.

Un indicateur de violence

Créé en Amérique latine, la Mairie de Paris a diffusé cet indicateur, au même titre que les Observatoires des violences faites aux femmes de Paris et de Seine–Saint-Denis, ainsi que l’association l’association « En Avant Toute(s) ». Nombre d’internautes ont relayé le violentomètre sur leurs réseaux sociaux. Le conseil régional d’Ile-de-France a décidé de le distribuer dans les lycées à compter de la rentrée 2019, même s’il est déjà utilisé dans les établissements scolaires (du collège aux universités), ainsi que dans les associations et les hôpitaux. Pour l’heure, le violentomètre est téléchargeable en ligne.

Présentant trois couleurs, rappelant les feux de signalisation, il permet à tout un chacun de mesurer la tension et la violence au sein d’un couple. 23 situations permettent de savoir où est la limite entre la relation saine et toxique.

« Vert : profite », la relation semble saine lorsque le/la partenaire agit de façon « normale » en tenant compte des goûts et des choix de son/conjoint(e). L’équilibre est maintenu et les bases solides du couple semblent bien établies : confiance, acceptation de la famille, bien-être, décisions communes, etc.

« Orange : stop », la vigilance est de mise pour les personnes se trouvant dans ces cas de figure. La violence semble doucement s’installer. Prudence donc que cela ne nuise pas au bien-être personnel et à l’équilibre du couple. Une mise au point semble inévitable.

« Rouge : protège-toi et demande de l’aide », l’un des deux membres du couple prend visiblement le dessus sur l’autre, l’empêchant alors d’être. Entre menaces, obligations, chantages, pressions psychologiques, etc., la barrière semble franchie. La relation n’est pas saine et il est bon de se rapprocher de personnes fiables pour faire un état des faits. Le danger est omniprésent.

La violence n’est pas normale

L’amour est à l’extrême opposé de la violence. Beaucoup pensent à tort que la jalousie et la possessivité sont des preuves d’amour. Lorsque des coups, des menaces ou du chantage psychologique s’invitent dans le couple, celui-ci devient toxique. La violence s’installe souvent de façon progressive. À l’heure où l’égalité entre hommes et femmes est plus que jamais d’actualité, cet outil de mesure va permettre à tout un chacun d’évaluer sa situation.

Le jeune public est très ciblé par le violentomètre, car les jeunes femmes entre 18 et 25 ans subissent sans utiliser les dispositifs d’aides à leur disposition. Pourtant, elles sont deux fois plus touchées que les femmes plus âgées selon une enquête « Enveff » sur les violences faites aux femmes. Par exemple, un compagnon qui contrôle le téléphone n’est pas un comportement normal. Il est donc important de donner des repères aux plus jeunes. Cela permettrait d’enrayer une situation néfaste dans un couple, et pourrait éviter les violences en tous genres.

Hommes comme femmes, un débat s’ouvre publiquement sur les réseaux sociaux. Certains hommes prennent conscience que quelques-unes de leurs habitudes sont mauvaises, d’autres en revanche tentent de se justifier face à une situation ou un comportement jugé dangereux. Les femmes de leur côté osent s’affirmer. Même si ce n’est que sur la toile, cela permet un échange en général constructif entre les deux sexes.



Des solutions existent

La discussion est un premier pas. Expliquer à son conjoint que son comportement entrave sa propre liberté ou son intégrité est un bon début. Si cela n’arrange pas les choses, un dialogue doit être maintenu avec une personne extérieure (un proche, la famille, des amis, etc.). Enfin, dans le cas où les violences vont crescendo et où la peur de l’autre s’installe, voire même avant, il est nécessaire de se rapprocher d’associations spécialisées, voire des forces de l’ordre dans le but de déposer une plainte.

Le violentomètre incite aussi les victimes à contacter le 3919. Il s’agit d’un numéro destiné aux femmes victimes de violences, par le biais d’un service gratuit et anonyme. De même, il existe un tchat mis en place par l’association En Avant Toute(s). Celui-ci est ouvert à toutes les victimes de violences conjugales pour échanger, se réconforter, et s’orienter vers les meilleures solutions possible.

La honte doit changer de camps

La honte de dévoiler une situation toxique au sein du couple est toujours d’actualité. Toutefois, le violentomètre insiste sur le fait de rassurer les victimes qui ont osé sauter le pas. Les associations spécialisées sont là pour écouter, entourer et trouver des solutions pour chaque cas. La honte doit être portée par ceux qui violentent et non par les victimes.